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Gorges du Sierroz : la sortie qui vaut le détour

À 35 minutes de route d'Annecy, une autre gorge : passerelles suspendues au-dessus du Sierroz, ruines de moulins, cascade classée, rouverte en 2021.

Crêtes brumeuses en moyenne montagne, paysage de Savoie.
Crêtes brumeuses en moyenne montagne, paysage de Savoie.

Les Gorges du Sierroz ne sont pas sur le lac d’Annecy. Comptez trente-cinq minutes de route, direction Aix-les-Bains par l’autoroute : on change de lac — c’est le Lac du Bourget qui est proche, pas le nôtre — et on change de département, de la Haute-Savoie à la Savoie. La rédaction y est allée un samedi de juillet et n’a pas regretté le trajet. Voici pourquoi, et ce qu’il faut savoir avant de partir.

Trente-cinq minutes, un autre bassin

Le Sierroz est une petite rivière qui descend du massif des Bauges et se jette dans le Lac du Bourget, à Grésy-sur-Aix, à la sortie nord d’Aix-les-Bains. Depuis Annecy, on prend l’autoroute vers le nord jusqu’à la sortie Aix-Nord, à deux minutes du site. Rien à voir géographiquement avec le lac d’Annecy : c’est une autre vallée, un autre relief, et une rivière qui n’a jamais alimenté notre lac. On le précise parce qu’une carte routière donne facilement l’illusion d’une simple excursion au bord de l’eau — ce n’en est pas une.

Huit cents mètres au-dessus de l’eau

La visite se fait sur des passerelles suspendues, construites lors de la réouverture du site : par endroits, on marche à une vingtaine de mètres au-dessus du Sierroz, pendant qu’il se fraie un chemin entre les blocs en contrebas. Le parcours traverse la rivière par une passerelle installée à l’endroit appelé le « saut du marchand », où les contrebandiers tentaient autrefois de franchir la gorge pour échapper aux douaniers — un nom qui reste sur les panneaux, sans grand-chose d’autre pour en témoigner.

La marche est courte, sans dénivelé sérieux, et le sol est stabilisé sur tout le tracé principal : accessible en poussette et en fauteuil roulant autopropulsé, ce qui n’est pas si courant sur ce type de site.

Ce qu’on voit : moulins, scierie, et une pierre plantée en 1813

Le site a fonctionné pendant des siècles comme un pôle industriel : un moulin, une scierie et un pressoir à huile occupaient la confluence de deux cours d’eau, avant la fermeture du site en 1980. La restauration a transformé ces vestiges en parcours de visite — la « Cour des Moulins » — avec des plateformes construites en paliers pour observer à la fois les ruines et la cascade de Grésy, qui reste le point d’orgue de la promenade.

Un peu plus loin, une pierre commémore la noyade de la baronne Adèle de Broc, amie d’enfance de la reine Hortense, morte ici le 10 juin 1813 sous les yeux de cette dernière. La reine a fait ériger une stèle invitant les visiteurs à la prudence — l’inscription est toujours là. L’épisode a nourri l’imaginaire romantique du site pendant tout le XIXᵉ siècle, au point que Napoléon III et l’impératrice Eugénie s’y sont arrêtés en 1860.

Nous n’avons pas encore de photos du site lui-même — la couverture de cet article montre un paysage de Savoie, pas la gorge — et nous mettrons à jour l’article dès que nous aurons de quoi montrer les passerelles et la cascade.

Infos pratiques

Le site a rouvert le 24 juillet 2021, après plus de quarante ans de fermeture. L’accès est gratuit, libre tous les jours de l’année, sans horaire imposé. Le parking, gratuit, se trouve route des Bauges à Grésy-sur-Aix, au départ du circuit. Comptez de une heure à une heure trente pour l’aller-retour complet en s’arrêtant aux points de vue, moins si vous marchez sans vous arrêter.

La rénovation n’a rien d’anecdotique : la région Auvergne-Rhône-Alpes y a mis environ un million d’euros, et le Département de la Savoie deux cent cinquante mille euros supplémentaires, pour financer les passerelles, la traversée et le nouvel espace d’exposition construit au-dessus de l’ancien bâtiment d’accueil. Ça se voit sur place — ce n’est pas un sentier de corde et de planches à travers des ruines, mais un vrai ouvrage d’art, ce qui explique en partie pourquoi il accueille poussettes et fauteuils roulants là où la plupart des sites de gorges en sont incapables.

Ce qu’on ne ferait pas

Traiter ça comme une sortie au bord du lac d’Annecy — ce n’en est pas une, et ceux qui viennent avec cette idée en tête repartent déçus par la comparaison. S’approcher du bord après une pluie récente : la pierre est glissante, et c’est précisément ce que rappelle la stèle de 1813. Et confondre la rivière Sierroz avec un affluent du lac d’Annecy en préparant l’itinéraire — vérifiez bien que vous roulez vers Aix-les-Bains, pas vers la rive ouest.

Trente-cinq minutes pour des passerelles suspendues au-dessus d’une gorge classée, une cascade et une histoire du XIXᵉ siècle qu’on ne trouve pas ailleurs dans le coin : ce n’est pas le lac, mais ça se tient très bien tout seul.

Sources

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